Kabambare, Maniema : une réponse coordonnée face à la crise humanitaire.
Le territoire de Kabambare, dans la province du Maniema, fait face à une crise humanitaire sévère depuis 2016, due aux affrontements armés. En 2024, 25 % de la population du Maniema souffre d'insécurité alimentaire sévère, avec des pics de 40 % à Kabambare, entraînant des déplacements massifs et l'effondrement des services de base.
En mars 2025, RHA et ses partenaires ont lancé un projet multisectoriel ambitieux(voir lancement), financé par le Fonds humanitaire RDC, visant à répondre de manière intégrée aux besoins urgents des populations vulnérables, y compris les personnes déplacées, les retournés et les communautés hôtes.
L'argent que je gagne au marché nous aide énormément à la maison.
Au total, ce sont 30 064 personnes qui bénéficient de cette assistance dans sept aires de santé de la zone de santé de Lusangi.
TaBu a 43 ans, mère de dix enfants.
Depuis 2016, comme des milliers d'autres familles à Kabambare, elle a connu les déplacements répétés. Les récoltes perdues. Les mois sans rien.
« Nous avions des difficultés à manger. Les enfants pleuraient, et nous, les parents, nous ne savions plus quoi faire. Mon mari regardait loin devant sans rien dire. Moi, je baissais les yeux. »
En mars 2025, TaBu a été sélectionnée pour recevoir une assistance de RHA, grâce au financement du Fonds humanitaire RDC.
Elle s'attendait à recevoir de la nourriture.
Elle a reçu des houes, des bêches, des arrosoirs. Des graines d'aubergine, d'oignon vert, d'amarante.
« On nous a dit : vous êtes capables de produire vous-mêmes. »
Aujourd'hui, son champ est vert.
Elle a déjà récolté plusieurs fois depuis le début du projet. Chaque semaine, elle cueille un basin et demi d'aubergines.
Une partie nourrit ses dix enfants. Des légumes frais, presque tous les jours. L'autre partie, elle vend au marché.
On nous a dit : vous êtes capables de produire vous-mêmes.
« L'argent que je gagne au marché nous aide énormément à la maison. »
Avec d'autres membres de sa communauté, TaBu a rejoint une Association Villageoise d'Épargne et de Crédit.
Chaque semaine, ils mettent leurs petites économies ensemble. Quand le panier est rempli, ils prêtent à l'un d'eux.
« Dans l'AVEC, on parle d'argent, comment réinvestir. Mais on parle aussi de nos vies. De la nutrition pour nos enfants, de nos enfants qu'il faut protéger. »
À la maison, quelque chose a changé.
« Avant, mon mari décidait de tout. Aujourd'hui, quand il y a une dépense à faire, il me consulte. Je donne mon avis sur l'école des enfants, sur les petites choses à acheter. »
Le projet se poursuit jusqu'en mars 2026. Mais TaBu a déjà gardé ses graines d'une récolte à l'autre. Elle sait semer, vendre, épargner.
À la maison, quelque chose a changé!
« Si le projet s'arrête demain, mon champ reste. Mes graines, je les garde. Mon argent, je le mets dans l'AVEC. »
« Je m'appelle TaBu. J'ai 43 ans. Dix enfants »
« Aujourd'hui, je ne suis plus seulement la mère de mes enfants. Je suis celle qui contribue. Et mon mari est fier. »
